Pour rire

Mercredi dernier un collègue spécialiste d’une discipline autre que les langues, à l’occasion d’une pause au cours d’une réunion importante d’universitaires de tous horizons, me posait la question qui tue : « Comment peux-tu nous expliquer pourquoi, nous, français, sommes aussi nuls en langues étrangères ? »

 Cette question laisse toujours les enseignants de langues sans voix parce qu’elle part de prémisses de sens commun qui ne reposent sur aucune analyse sérieuse de la réalité. Il faudrait inventer une sociologie de la pratique diglossique pour pouvoir répondre, arguments à l’appui, à de telles questions. Nous savons tous que ce qui n’est qu’une opinion s’est mu en croyance et qu’il n’y a pas un français qui ne soit convaincu que nous sommes nuls dans ce domaine, quelles que soient l’appartenance sociale, le rapport avec la sphère d’apprentissage des langues ou même les responsabilités sociales des uns et des autres. Nous sommes nuls, voilà, tout est dit.

Mes réponses sont variables et, en pur vieux routier du débat, elles sont elles-mêmes des questions. Je demande à mon interlocuteur s’il se sent lui aussi « nul en langues » puis s’il considère que ceux qui ont tenté de lui enseigner une langue étrangère un jour dans sa vie étaient nuls, etc.

La réponse ne varie pas : oui, je suis nul, oui, mes profs étaient nuls.

Pour répondre plus sérieusement, trois arguments :

1. L’apprentissage de la langue n’est pas un enseignement de compétition comme l’éducation physique et sportive n’est pas une fabrique de champions du saut à la perche. C’est l’un des apprentissages des facultés combinatoires de l’entendement humain.

2. Nous trouver nuls dans ce domaine, c’est décréter par la même occasion que la France s’en sort bien quand même puisque nous exportons des Rafales, des Airbus, du Champagne, etc. Donc la maîtrise d’une langue étrangère est marginalement utile pour prospérer.

3. Si nous sommes nuls (c’est ma réponse favorite), les autres sont pires. Les Anglais parlent étranger dès leur naissance, les Américains aussi, les Luxembourgeois sont bilingues par nature géopolitique, les Italiens sont les rois de l’acrobatie linguistique et les Belges sont belges.

Les Espagnols dans tout ça ? Disons qu’ils sont pathétiques et le savent. Puisque la nullité en langues étrangères se résume souvent dans les faits par la maîtrise plus ou moins grande de la langue anglaise, voici un petit document, déniché par le quotidien elpais.com, qui montre combien nous sommes moins nuls. Ca console.

http://www.100spanglish.es/

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