Real Madrid-Barça

Chacun connaît la rivalité qui oppose les deux métropoles. Une démographie comparable, mais une position différente dans l’Espagne et une histoire métropolitaine différente, celle d’une ville de cour fondée en 1561 par Philippe II et celle de l’un des principaux ports de commerce de la Méditerranée. Une capitale austère, centrale, à l’image de l’ambition de son roi fondateur et une métropole cosmopolite, plus génoise qu’espagnole, remodelée très tôt par la révolution industrielle.

Dans les années cinquante, une autre manifestation de cette rivalité est apparue, le football, dans une sorte de symétrie parfaite. D’une part, deux clubs royaux, le Réal et le Barça, d’autre part, deux clubs prolétaires, l’Atlético, club fondé en 1903 par de futurs ingénieurs des mines basques et pensé comme filiale de l’Atlético de Bilbao et l’Español, fondé en 1900 par des étudiants de l’Université de Barcelone originaires d’autres régions d’Espagne. Avec le temps, ces deux derniers clubs sont devenus des clubs plus ouvriers, à Barcelone car l’Español pouvaient rassembler l’immigration ouvrière sans exigence d’allégeance à la catalanité, à Madrid, parce que très rapidement le Real, disposant aussi d’une assise populaire incontestable, suscita l’intérêt du pouvoir franquiste qui vit dans la promotion de ce club une façon de donner du lustre à Madrid ou une certaine visibilité, si j’emploie le jargon en usage aujourd’hui.

Cette rivalité se fit à coup de titres nationaux, de construction de stades monumentaux, de recrutements exceptionnels et de tricheries financières et fiscales restées le plus souvent impunies.

Les demi-finales de la Champions League cette semaine et les commentaires qui les ont suivies montrent bien que cette rivalité est toujours vivace. Le Barça, coaché par Luis Enrique, ancien joueur du Real,  a éliminé le Bayern de Munich entraîné par son ancien coach Josep Guardiola. Le Real, coaché par  Carlo Ancelotti, qui a été entraîneur de la Juve au début de ce siècle, a été éliminé par la Juventus de Turin. Pour la plus grande affliction des supporteurs du club, le but de l’élimination a été marqué par un jeune joueur espagnol de 22 ans, Alvaro Morata,  né à Madrid et  formé au Real. Fatalitas! 

On s’en prend donc aux dirigeants qui ont laissé partir ce jeune joueur qui fait les beaux jours de la Juve, on critique les approximations d’Iker Casillas et on va même jusqu’à laisser penser que la victoire du Barça sur le Bayern est le fruit d’une obscure collusion entre Guardiola et son ancien club.

Tout ceci va se calmer…  la rivalité reste intacte. Et si Morata marque un but contre le Barça le jour de la finale et que le club catalan est éliminé, les choses rentreront dans l’ordre. Un regret cependant, il n’y aura pas de finale de Champions League entre les deux clubs comme espéré, une sorte de Clásico planetario

 

Vidéo-buts-Barcelone-Real

 

 

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