La politique en langue des signes

Sandrine Morel, dont la perception de la vie espagnole est toujours très juste, commente ainsi dans le Monde d’aujourd’hui les variations de look de Pablo Iglesias et, en particulier, le fait que désormais il porte une cravate de temps à autre:

« Sa nouvelle apparence préfigure-t-elle sa transformation en un« réformiste de merde », comme il imagine qu’on le qualifiera s’il arrive au pouvoir, dans le documentaire de Fernando Leon Politica, Manual de instrucciones, sorti sur les écrans espagnols le 3 juin ? Lui qui avait renoncé à son piercing pour se présenter aux élections, finira-t-il par couper sa queue-de-cheval ? »

Question essentielle… diraient les cyniques. Mais pas aussi insignifiante qu’on pourrait le penser. Regardons l’histoire et le passé d’un autre réformiste… Felipe González:

En 1974 avec Alfonso Guerra et Enrique Múgica:

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En 1977 au cours d’un meeting électoral:

Felipe Gonzalez levanta el puño en un mitin electoral en 1977, en el estadio de f¿tbol General Moscardo de Usera, en Madrid.

En 1995, avec George H.W. Bush:

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Difficile de rester le même et de devenir un autre…  Tout ceci est l’illustration d’une vérité biologique: nous changeons de corps tous les quinze ans. Peut-être même d’âme.

On peut aussi penser que ces signes correspondent à une deuxième étape du sorpasso, celle du discours attrape-tout, discours pour gagner. Ou l’effet euphorisant des sondages.  Ou parce qu’ autant l’habit fait le moine, autant le moine fait l’habit…

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