Psoe, le torchon brûle… la casa (cosa) está que arde

Rien ne va plus au sein du Psoe. Les deux mauvais résultats aux élections régionales en Galice et au Pays basque comme les résultats médiocres aux élections législatives ont plongé  ce parti dans une crise interne sans précédent. Elle n’est pas sans rappeler celle qui secoua les communistes espagnols au début des années 80, toutes proportions gardées et toutes choses égales par ailleurs. Elle a un trait commun, c’est qu’elle s’insère dans une crise mondiale de la social-démocratie comme celle qui toucha les communistes espagnols était liée à l’affaissement général de l’influence des quelques partis communistes encore sur pied et à la fin programmée du bloc soviétique.

Il s’agit donc d’une crise dont les raisons ne sont pas seulement espagnole mais bien mondiales qui voient émerger des forces plus radicales à la gauche des grands partis réformistes et des forces profondément conservatrices, nationalistes et xénophobes. Le plus souvent parce que les politiques menées par ces partis se définissant eux-mêmes comme »socio-démocrates » n’ont pas répondu aux demandes essentielles des peuples mais ont choisi d’appliquer avec quelques retouches et faux-semblants la même politique que les droites conservatrices. L’idée même qu’il n’y a pas d’alternative (la fameuse TINA de Margaret Thatcher) domine encore leur discours.

En Espagne, c’est un coup de force qui s’engage contre le secrétaire du Psoe, Pedro Sánchez. A l’origine de ce « pulso », les cadres élus du parti, quelques dirigeants historiques, autrement dit l’élite professionnelle socialiste. A la tête de cette fronde, des présidents de régions dont Susana Díaz, qui préside de la communauté autonome d’Andalousie grâce au soutien de Podemos, et qui ne cache pas depuis presque un an son souhait de prendre les rênes du parti. parallèlement, autour de Felipe González, dirigeant historique, se sont agglutinés quelques-uns des anciens dirigeants et anciens ministres (A. Pérez Rubalcaba, J. Bono) pour crier haro sur le baudet.

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La raison avancée est simple: on reproche au secrétaire général du Psoe que ses députés ne se soient pas abstenus début septembre dans le second débat d’investiture pour permettre à la droite de gouverner en minorité et éviter de nouvelles élections.

D’autres figures historiques sont plus prudentes et soutiennent Pedro Sánchez en affirmant que ce choix était celui du parti et qu’il n’a fait que respecter ce mandat. Tel est le cas de José Borrell qui reproche au passage « la division du travail » entre les prétendants au secrétariat général et les historiques. Les premiers n’évoquent jamais la question de l’abstention, se contentant de demander plus de démocratie dans le fonctionnement du parti. Ils laissent ce soin à Felipe González. Josep Borrell s’en prend directement à Susana Díaz, en soutenant que la dirigeante andalouse n’évoque jamais ce choix dans ses discours et invectives contre Pedro Sánchez par pur opportunisme, c’est ce qu’il affirmait à La Vanguardia ce matin:

 »  Cuando señala la necesidad de ir a la oposición porque con 85 diputados no se puede gobernar, no [dice] también que “nos tenemos que abstener”; no lo dijo “porque es impopular”.

En réalité tout ceci laisse voir un parti socialiste profondément divisé entre une droite conservatrice et très proche du centre droit espagnol et une gauche plus alternative qui espère qu’une alliance à gauche soit encore possible. Le bras de fer engagé a aussi pour enjeu d’empêcher sous quelque forme que ce soit le moindre rapprochement avec Podemos. C’est toujours Felipe Gonzalez qui est à la manœuvre. Au cours d’une réunion publique dans la banlieue de Madrid à la fin de la campagne de juin il avait qualifié Podemos de « populista, rupturista, una pseudo izquierda que quiere romper la solidaridad entre los españoles. » On voit bien que dans les trois critères négatifs choisis -qui peuvent mériter à eux-seuls une étude plus approfondie mais dans le calme des études de science politique et non pas comme arguments assénés dans des meetings électoraux- c’est le dernier qui pèse le plus lourd, car il ne s’agit pas de solidarité sociale ou économique mais bien d’unité territoriale.

La guerre de Syrie et ses références

J’ai relevé le titre suivant dans sur la page Syrie de la chaîne d’info continue internationale France 24 : « À l’ONU, Paris dénonce des « crimes de guerre »[1] et compare Alep à Guernica ». Le sous-texte résume un élément du discours de l’ambassadeur de France à l’ONU, François Delattre :

« L’ambassadeur de la France à l’ONU a dénoncé dimanche des « crimes de guerre » commis à Alep. Il a comparé Alep à Sarajevo pendant la guerre en Bosnie et à Guernica pendant la guerre d’Espagne. »

J’ai déjà eu l’occasion de critiquer cet emploi abusif de la comparaison. Il est le plus souvent lié au besoin de créer une forte empathie par le discours, en ajustant des parallèles difficilement justifiables entre les guerres qui se développent ici et là et la guerre d’Espagne. En 1937 , la France tenait-elle le même discours devant la société des nations aussi bien pour le cas espagnol que pour le cas de l’Abyssinie?

Par ailleurs, les contextes étaient radicalement différents (qui étaient les insurgés ? s’agissait-il d’un objectif militaire ?). Comparaison n’est jamais raison mais émotion.

Ce petit « élément de discours » me fait penser à autre chose. Hier, journée dominicale de détente et de beau soleil, nombreux étaient les flâneurs qui se promenaient sur la digue de la plage de Saint-Laurent-sur-Mer, dans le Calvados. Le ciel était bleu azur, la mer déclinait toutes les tonalités possibles de bleus d’une autre sorte. Sur cette digue une plaque commémore un fait de l’histoire du XXe siècle extrêmement connu : le débarquement de 1944. Le nom de guerre de cette plage, qui était son nom de code, est bien commun de tous : Omaha Beach.

Elle résume les faits et insiste sur le fait que ce fut la plus meurtrière (bloody) des batailles du débarquement (1200 Gi’s sont morts sur cette plage). Or, en termes de militaires tués au combat, le débarquement en Provence d’août 1944 et le débarquement en Sicile de juillet 1943 ont été bien plus meurtriers.

Et puis, si on compte souvent les pertes militaires, on oublie les pertes civiles. Je rappelle qu’à quelques 20 kilomètres d’Omaha Beach, la ville de Saint-Lô fut totalement rasée par l’aviation anglo-américaine, provoquant la mort de 1500 civils. Ceci se passait dans la nuit du 6 au 7 juin 1944.

Donc, pourquoi Guernica ? Pourquoi ne pas évoquer le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki, le siège de Leningrad, la bataille de Stalingrad ou le bombardement de Dresde ? Ou les bombardements d’Hanoï et Haiphong de 1972 ? Parce que le souvenir du bombardement de Guernica est devenu un pur motif de discours, et plus grand-chose d’autre. Les chrétiens d’Alep doivent bien  penser quelque chose  de cet étrange usage.

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[1] Les guillemets à « crime de guerre » ne sont pas de moi, mais bien de l’éditeur de cette page.

¿Referéndum vinculante?

A l’occasion de la célébration de la Diada, fête nationale catalane, le 11 septembre dernier, le Président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont a évoqué la possibilité de convoquer, après celui de septembre 2015, un deuxième référendum pour l’indépendance à l’horizon 2017. Il s’agirait de proposer une nouvelle feuille de route vers l’indépendance qui passerait par ce référendum puis, si l’accord ne se fait pas sur sa légitimité, par des élections constituantes dans un an. Cette nouvelle feuille de route, selon ses propres paroles mettraient la Catalogne « en el tránsito entre la posautonomía y la preindependencia », c’est-à-dire dans les limbes d’une région-Etat sans statut. Naturellement, cette position « ni-ni » serait une étape de transition vers l’indépendance.

Carles Puigdemont sait bien que la réponse de l’Etat espagnol sera négative, ce que lui répondent déjà ses adversaires unitariens : la séparation de la Catalogne de l’Espagne ne peut pas être décidée de façon unilatérale par les seuls catalans mais par tous les espagnols et il n’est pas question d’organiser un tel référendum.

Aussi dit-il que si ce référendum n’est pas reconnu, il passera par la voie parlementaire. Il emploie un terme pour définir ce qu’est un référendum qui engage toutes les parties, celui de « referéndum vinculante ». Difficile à traduire mais on sait combien les référendums n’engagent que ceux qui veulent bien y croire. Leur multiplication et leur manque d’effet systématique (le dernier exemple est celui qui a agité l’Europe, le Brexit et les atermoiements du nouveau gouvernent britannique) pose une question essentielle, celle de la souveraineté, de son expression et de sa crise. Nous rappelions hier le jugement de Joseph Stiglitz à propos des européens : « Votan, pero dejan de tener derecho a determinar su futuro. Es muy malo para la democracia.”

Le référendum, on l’a compris est devenu en Europe un instrument de propagande électorale, rien d’autre et surtout pas l’expression souveraine des peuples. Les peuples votent et… rien ne se passe. Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer ce petit billet (un grand merci à L.) qui se moque de l’instrumentalisation qu’en font les indépendantistes catalans, comme le firent en 2002 les indépendantistes basques du PNV.

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Cómo freír huevos sin que salpiquen

Le Psoe va mal très mal. Les dissidents se considèrent comme victimes du manque de liberté d’expression et de démocratie à l’intérieur du parti. L’image est déplorable, bien sûr, mais elle est le reflet du danger d’implosion qui guette ce parti, confortablement installé depuis une quarantaine d’années dans le dense tissu de ce que Podemos appelle, concept sans grande pertinence mais qui reflète assez bien l’état des choses ressenti, « la casta ».

La dispute interne s’est amplifiée ces derniers temps autour de la convenance ou non pour ce parti de laisser le PP gouverner avec une majorité minoritaire au parlement. Elle est portée principalement par les Présidents de régions autonomes et par la vieille garde du parti, Gonzalez Márquez  et Pérez Rubalcaba en tête, deux anciens chefs de gouvernement socialiste.

Tout repose sur la demande du président de la région d’Estrémadure de la convocation d’une réunion du Comité Fédéral pour débattre « des conséquences d’éventuelles troisièmes élections législatives ». Bien évidemment, il ne s’agit pas pour ces opposants à Pedro Sánchez de demander aux 85 députés socialistes de s’abstenir lors d’un éventuel troisième tour d’investiture puisque la chose n’est jamais formulée, mais bien de monter une campagne publique d’isolement de la position apparemment intransigeante du secrétariat général actuel qui s’oppose, avec également certaines ambiguïtés dans le discours, à ce «blanc-seing » accordé au PP destiné à préserver une possibilité d’alternance pour la prochaine législature.

La dispute prend des allures de feuilleton télévisé, puisqu’elle se fait à coups de twitters, de formules émouvantes et passionnées mais elle ne traite jamais du contenu qui est pourtant simple : doit-on laisser le PP gouverner sans conditions ? doit-on confirmer l’idée déjà présente dans le pays que le programme du  PSOE ne rompra pas avec la politique d’austérité du gouvernement Rajoy ?

Dans un entretien accordé au quotidien El Mundo, à l’occasion de la campagne de promotion de son livre L’euro: Comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, Joseph Stiglitz élargit la question et la pose dans ces termes :

Una de las cosas que más le preocupa a la gente en una democracia es la economía. En Grecia, Portugal y España el 62% de los votantes dijeron que no querían austeridad; votaron por partidos anti-austeridad. Alemania y la Comisión Europea, sin embargo, dijeron lo siento, no tiene opción. Votan, pero dejan de tener derecho a determinar su futuro. Es muy malo para la democracia cuando la gente dice ‘creía que éramos una democracia y se les responde “no, nunca más en las cosas que importan porque abandonaste ese derecho”.

Rajoy está claramente equivocado. Cuando dice que su política funciona, se equivoca; ha sido un desastre. La austeridad casi nunca ha funcionado. No es una sorpresa. Su presidente celebra la recuperación porque la tasa de desempleo es sólo el 20%. Cualquiera fuera de España ve eso y piensa, deberías estar poniendo tu cabeza bajo tierra y con un desempleo juvenil del 50%. Sí, es malo para la economía no saber qué dirección va a tomar la política.

De ces sujets, il n’est pas question dans la querelle interne qui secoue le Psoe. Les dirigeants et cadres de ce parti sont surtout occupés à éviter de ne pas plumer leur poule aux œufs d’or et de casser le moins d’œufs qu’il soit possible pour faire une omelette à leur goût. Je donne donc un conseil aux socialistes, il y a toujours des trucs (ce que les cuisiniers appellent des tours de main) pour éviter la catastrophe, en voici un, à eux de s‘en inspirer… Cliquer ici.

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Agua por San Mateo, puercas vendimias y gordos borregos…

Il faudra attendre que les élections régionales de Galice et du Pays basque aient livré leur verdict pour qu’une autre solution, peu vraisemblable aujourd’hui, que de nouvelles élections en décembre soit possible pour former un nouveau gouvernement.

Si l’on examine les sondages réalisés dans ces deux régions, on note que dans la première le PP est en position hégémonique, alors que dans la deuxième, des alliances seront nécessaires au PNV (parti nationaliste basque de centre droit) pour gouverner.

Parlement régional de Galice:

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Parlement régional d’Euskadi:

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Dans les deux cas, le Parti socialiste continuerait à perdre des voix et des sièges, mais il pourrait assurer une majorité régionale au PNV en essayant de s’assurer de son soutien au parlement national. Le PP, s’il atteint les 10 sièges que les sondages ne lui promettent toujours pas au parlement basque, il pourrait assurer le PNV de son soutien et obtenir en échange son soutien au parlement national, ce qui le mettrait, si la coalition avec Ciudadanos tient toujours (ce qui n’est pas acquis) à une seul voix de l’investiture.

Comme ces élections auront lieu à la Saint Mathieu, chacun ferait bien de se souvenir de ce que dit la sagesse populaire :

Agua por San Mateo, puercas vendimias y gordos borregos…

 

Un référendum parlementaire?

Félix Ovejero[1], professeur à l’Université de Barcelone, met en balance dans un point vue publié par El Pais ce matin, en quoi le savoir, la connaissance, participe de la décision humaine dans tous les domaines y compris en matière de choix politique.

La question de la décision est cruciale dans cette matière. Nous rappelions il y a quelques jours l’évaluation que faisait Julio Anguita du (relatif) recul de la coalition Podemos-IU aux dernières élections : « Cuando llegan los momentos decisivos mucha gente se asusta.” Ce recours à la peur du changement comme moteur principal des choix négatifs privilégie le choix personnel, individuel et n’est en aucune façon une explication « rationnelle » d’un vote régressif. L’explication rationnelle est difficile à former, nous pouvons l’admettre.

Cette individuation du choix des personnes en matière politique contingente repose sur un postulat que Félix Ovejero concrétise ainsi: «Uno de cada cuatro británicos cree que Churchill fue un personaje de ficción, no como Sherlock Holmes, que existió para un 58%. »

Autrement dit, l’ignorance des individus de l’histoire de leur propre société ou nation, leur non-volonté de savoir et d’user de ce savoir pour former la décision pourrait être la raison de choix contraires à leurs intérêts.

Or, en politique et, plus particulièrement dans les contextes politiques démocratiques, le choix de l’individu n’apparaît pas comme essentiel dans la mesure où il s’insère dans un processus global, collectif, aux allures sempiternellement  référendaire, qui donne à la décision globale une valeur supérieure aux choix de chacun.

Or, le délitement des formes-parti, la délégation de l’expertise à des think-tanks ou à des « spécialistes », phénomène qui dépasse largement les cadres nationaux, ont fini par considérer comme irrationnels les choix des individus au moment du vote, permettant ainsi à « ceux qui savent » de ne pas tenir compte de l’avis exprimé. les exemples abondent depuis les référendums revotés (Irlande, référendum sur le traité de Lisbonne revoté en 2009) aux référendums contredits par un vote parlementaire (France, 2005 -2008-2012) et aux référendums en voie de « non-application (Royaume-Uni 2016). J’ajouterai la persistance du discours politique dominant qui met en avant « l’ignorance » des citoyens qui s’opposent (ils n’ont pas lu le Traité de Lisbonne, ils n’ont pas lu la Loi Travail, etc.).

Or, il y a une certaine rationalité dans les votes examinés d’un point de vue collectif ou sociologique. Cette rationalité est peu perméable aux discours politiques, elle repose sur des constats concrets pur lesquels aujourd’hui il manque une gnose, ou pour le dire simplement une philosophie de cette rationalité. Cette intuition était déjà présente chez Marx et Engels dans les réflexions sur le rapport individu-collectif: « La véritable richesse intellectuelle de l’individu dépend entièrement de la richesse de ses rapports réels. » (L’idéologie allemande).

Cette difficulté est montrée dans le recours incessant, en particulier dans les discours de Pablo Iglesias, au concept très mouvant de «gente»

Si estamos aquí es por y para la gente.

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Ce concept de gente dont ont usé et usent encore les nationalistes catalans pour signifier par cette référence à la Santa Espina ( Som i serem gent catalana…) à la fois l’unité de corps mais aussi un rejet certain de l’autre:

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Le vote parlementaire peut être considéré comme un vote référendaire, nous dit Félix Ovejero, puisqu’il finit par être dichotomique. Naturellement, vu sous l’angle pratique, ce raisonnement signifie que le vote d’aujourd’hui en Espagne devrait permettre de trouver une solution à la crise parlementaire : soit par l’abstention socialiste, permettant ainsi une nouvelle législature de droite (même minoritaire), ou par la coalition improbable de tous les votes qui, avant-hier, se sont exprimés contraires à ce choix. Il faut éloigner le spectre de l’indécision qui serait un troisième tour d’élections en décembre, oublier le peuple et s’entendre sans l’entendre.

[1] Né en 1957, il est professeur d’économie, d’éthique et de sciences sociales. Il est l’un des fondateurs avec Arcadi Espada, Félix de Azúa et Albert Boadella de l’association fondée en 2005, Ciutadans de Catalunya , matrice du parti de centre-droit Ciudadanos. L’origine catalane de Ciudadanos trouve sa source unique dans une expression réactive au nationalisme catalan qui apparaît à ses yeux comme une absurdité dans les termes : « La nació, somiada com un ens homogeni, ocupa el lloc d’una societat forçosament heterogènia. »